Le passavant, un héritage à réformer pour une douane moderne au Niger

Le passavant, un héritage à réformer pour une douane moderne au Niger

Le passavant, ce sésame autrefois indispensable pour la circulation des marchandises au Niger, est aujourd'hui au cœur d'un débat crucial. Si ce document administratif a longtemps servi à garantir la régularité des échanges commerciaux, il est désormais perçu comme un vecteur potentiel de corruption et un frein à la modernisation de la douane nigérienne.

À l'origine, le passavant était conçu pour simplifier les formalités douanières. Mais l'évolution du commerce international et les nouvelles technologies ont rendu ce système obsolète. Tel que le décrit l'article 238 du code des douanes nigérien, le passavant est obligatoire dans certaines zones, mais de nombreuses notes administratives ont depuis suspendu son utilisation.

Pourtant, comme le souligne le journal Le Canard en Furie, la persistance de ces pratiques crée un climat propice à la corruption. En effet, la possibilité de contourner les contrôles douaniers en échange d'un paiement corrompt les échanges commerciaux, nuit à l'économie nationale et expose le pays à des risques sécuritaires importants.

Face à ce constat alarmant, il est urgent de réformer en profondeur le système douanier nigérien. Plusieurs pistes sont envisageables :

Réformer le cadre législatif : Le passavant ne devrait plus être une obligation légale, mais plutôt une possibilité réglementaire. Cette flexibilité permettrait d'adapter les procédures douanières aux besoins spécifiques de chaque type de marchandises et de chaque flux commercial.

Développer de nouvelles formes de sécurisation : La douane doit s'appuyer sur les technologies modernes pour sécuriser les échanges sans recourir à des documents papier. Les systèmes de traçabilité électronique, les échanges de données informatisés et l'analyse de risque peuvent considérablement renforcer la lutte contre la fraude et la contrebande.

S'inspirer des expériences étrangères : L'Union douanière des États du Sahel (UDES),   , (article développé précédemment) permettrait la mis en place des initiatives intéressantes pour harmoniser les pratiques douanières au niveau régional. Le Niger pourrait s'inspirer de ces expériences pour moderniser sa propre administration douanière.

La réforme du système du passavant est une étape essentielle pour construire une douane moderne, efficace et transparente. En luttant contre la corruption, en simplifiant les procédures et en renforçant la sécurité, le Niger pourra attirer davantage d'investissements, stimuler son économie et améliorer la qualité de vie de ses citoyens.

Le passavant, vestige d'un passé révolu, doit céder la place à de nouvelles pratiques plus adaptées aux enjeux du XXIe siècle. La modernisation de la douane nigérienne est un enjeu de souveraineté, de développement économique et de sécurité. Il est temps d'agir pour construire un avenir meilleur.

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Une autre manière de voir l'administration publique !!!




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