Le "faux douanier"

 Le faux douanier 
(le douanier sans tenue)

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Tôt le matin, aux premières heures de service, son chef de service au bureau des douanes aéroport annonça à kidou qu'il est un "faux douanier". Surpris par le ton amical mais d'avantage par la comparaison, le jeune en service au bureau des douanes aéroport se sentit submergé par une profusion de sentiments. Il ne savait quoi penser encore moins quoi éprouver face à une telle déclaration. Une déclaration innoncante certainement mais très particulière. Il souria tout de même à l'inspecteur des douanes, l'air de rien. il se réconfortait de l'idée que son chef de service voulait le taquiner et lui soutirer un sourire. Il se disait que l'annonce ne doit pas avoir une autre interprétation que celle d'une simple présentation d'un fait et pour le faire sourire du fait d'être "un faux douanier". En effet, il est de coutume, pour détendre l'atmosphère, que le chef de service lance quelques vanes, à raison ou à tort, pour détendre l'atmosphère. 

"Je suis un faux douanier" se répétait kidou toute la journée et il finit par conclure qu'il devait sans doute s'y tenir car souvent les vérités se disent en blaguant. Des années après, il garda cette affirmation dans son esprit. De temps à autres, et assez souvent, malgré sa résignation à se conformer à cette affirmation, il éprouvait une certaine tristesse. Une mélancolie devenue légitime par le degré d'admiration et de sympathie que kidou éprouvait à cet inspecteur des douanes qui pourtant lui annonça, en dépit de son amour pour la douane, qu'il n'est qu'un faux douanier et qu'il ne serait peut-être jamais un vrai. 

Kidou, le faux douanier en est il vraiment ? Il passa quatres années à étudier la douane à l'école nationale d'administration et de la magistrature (ENAM) devenue école nationale d'administration (ENA). En 2013, il obtint son diplôme de cadre supérieur lui donnant accès au grade d'inspecteur central des douanes (commandant). Deux années après, il fut affecté au bureau des douanes aéroport pour servir l'État. Il fit ses preuves dans l'espoir non seulement de mettre en œuvre ses connaissances et ses compétences mais aussi dans l'espoir de servir l'administration des douanes. Il savait pertinemment que trois mois de formation militaire (après admission à un concours d'intégration) lui était nécessaire pour agir en tant que douanier. Mais cet état de fait ne diminuait en rien sa volonté de servir le bureau des douanes aéroport. Cette volonté inébranlable a conduit kidou à servir dans tous les services du bureau et même d'exécuter des tâches réserver exclusivement aux agents du cadre des douanes. Il n'était pas un douanier, c'est vrai. Mais il se sentait douanier et ça le rendait heureux. il était formé dans une école d'État, dans un domaine d'État et il travaillait dans un service de l'État pour le compte de l'État. "Faux douanier", il n'arrivait pas à comprendre ce terme mais il éprouvait de la tristesse en y pensant.

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Leur rencontre semblait avoir été voulue par le destin. Devant les locaux de la police judiciaire, kidou rencontra pour la première fois son chef de service ou plutôt celui qui allait le devenir. Mais à cet instant précis, aucun des deux ne savaient qu'ils seraient amener à travailler ensemble. Kidou remarqua la tenue particulière du douanier et se fesait la promesse, du fond de son cœur, de porter cette tenue qui lui va si bien. Il ne se doutait pas un seul instant, que quelques années après, ce même personnage deviendrait son chef de service et lui annoncerait une réalité évidente, qu'il n'est qu'un faux douanier. Une réalité où le diplôme et la volonté où encore les résultats ne seraient d'aucune utilité pour servir l'administration des douanes, pour servir son pays.

Après les deux années de service civique, Kidou s'est éloigné de l'administration des douanes. Peut-être que le bon Dieu pourrait l'aider à trouver un autre emploi pour traverser cette épreuve difficile de la douane qu'il avait en tête depuis l'acquisition de son diplôme de baccalauréat en 2009

Hélas, années après années, les évènements soutiennent le fait qu'il n'est et qu'il restera qu'"un faux douanier". D'abord, un concours d'intégration à la douane fut lancé où le nombre de candidats solliciter pouvait le faire intégrer sans même faire le concours, Kidou et tout les diplômés en douane. Bien-sure, il échoua. Pouvait il vraiment espérer alors que l'essentiel des candidats furent admis sur la base de fraudes et en toute impunité.

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En fin, le jour de la délivrance arriva ou plutôt le moment pour kidou de reprendre confiance en lui sonna. Il s'aperçut que la réalité, même douloureuse, injuste qu'elle soit, ne mérite pas ses larmes quotidiennes. Il décida d'emprunter un chemin qui fera sans doute de lui un éternel chômeur mais qui certainement instrurait les générations futures de l'importance de la "foi", de la confiance en soi et en ses compétences. C'est ainsi qu'il entreprendra d'écrire. D'écrire pour partager ses connaissances, d'écrire pour attirer l'attention des élèves et diplômés en douane sur la réalité de leur statut  (certainement pas des "faux douaniers" mais sûrement des spécialistes en douane) et qu'il devraient s'unir.

L'entreprise est difficile voire perieuse pour kidou. Il le sait. Il sait qu'il sera suivi non pas pour la véracité ou l'importance de ses écrits mais pour étaler ses articles comme des écrits défiant l'administration qu'il chéri tant. Il sait qu'il sera question de lui interdire l'intégration en douane plutôt que de le féliciter ou de le critiquer sur ses analyses et ses recommandations. Il sait que l'indignation sera sélective sur sa situation mais que sa condamnation sera unanime. Comme Socrate, avait il vraiment le choix? Il devait boîre sa ciguë. Les articles de kidou devaient être écrits parce qu'il aime la douane, parce qu'il consacra dix sept (17) années scolaires, d'études, deux (2) années au service de son pays à la douane et six (6) années d'attente pour son intégration.

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La tristesse qu'il éprouvait s'était alors mue en un sentiment du devoir accompli. Alors à chaque fois qu'il ressasse le passé, ses sacrifices, le terme "Faux douanier", il retrouvait du confort en lisant ses articles. A défaut de pouvoir vivre de ses années de sacrifices, au prix d'amitiés et de liens perdus, il laisserait ses traces, ses empreintes pour guider et avertir les futurs diplômés en douane et pour la modernisation de l'administration des douanes.

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